Crédit photo : William Demers.
Le chien est encore connu aujourd’hui comme étant le meilleur ami de l’homme, mais il est aussi connu comme un précieux allié dans nos fonctions quotidiennes quand on pense aux chiens d’assistance ou aux chiens qui travaillent dans les aéroports par exemple. La chasse fait partie des activités où le chien peut être d’une grande aide, que ce soit pour rapporter, pointer, pister, etc.
Alors comment bien choisir notre futur compagnon ? Le Club Canin Canadien compte plus de 187 races différentes dans ses registres, chacune possède ses propres instincts et caractéristiques. Autrement dit, chaque race a été développée au fil du temps pour répondre à différents besoins, mais comment savoir laquelle choisir ? Est-ce que tous les chiens ont le potentiel de pouvoir travailler à l’eau ou en forêt ? Qu’en est-il de l’entraînement ?
Ce sont certainement toutes des questions que peuvent se poser un futur propriétaire avant l’acquisition d’un chiot et nous tenterons de les démystifier à l’aide d’experts.
1. Avant de choisir une race, définissez votre besoin !
Quel type de chasse ou d’activité vais-je pratiquer avec mon chien ? La race à choisir peut définitivement varier en fonction de nos besoins. Il est cependant important de mentionner que la race parfaite n’existe pas dans l’absolu et qu’à l’opposé, certains chiens peuvent démontrer une grande polyvalence et effectuer d’autres tâches que celles pour lesquelles ils étaient initialement destinés.
1.1 Chasse au petit gibier
La chasse au petit gibier (gélinotte huppé, tétras, bécasse, etc) se fait souvent avec deux grandes approches.
1.1.1 Le chien d’arrêt (pointeur)

Crédit photo : Pierre-Alexandre Côté.
Lorsqu’un chien d’arrêt localise un gibier, il se fige et pointe dans la direction où se trouve l’oiseau. Il permet au chasseur de bien se positionner avant le départ du gibier.
Les races de pointeurs populaires sont notamment l’Épagneul Breton, le Braque Allemand à poil court, le Braque Hongrois (Vizsla), le Griffon d’arrêt à poil dur ou le Braque d’auvergne. C’est d’ailleurs cette dernière que Pierre-Alexandre Côté, Co fondateur de Bird Dog et président du Club de chiens d’arrêt Le Polyvalent, a choisi pour son tempérament et son super odorat.
1.1.2 Le chien leveur (flushing dog)
Le leveur chercher le gibier, puis le fait décoller du sol à portée du chasseur. Il ne bloque pas nécessairement l’oiseau comme un chien d’arrêt.
Les races connues comme leveur sont le Cocker Anglais, le Cocker Américain, le Field Spaniel, le Sussex, etc.
1.2 Chasse à la sauvagine
Pour la sauvagine (canards, oies, bernaches), le rôle principal du chien est le rapport. Un bon chien rapporteur doit être à l’aise de rapporter sur la terre ferme, mais aussi en eau froide. Il doit pouvoir rester calme et patient en attendant le signal de son maître. Il doit aussi pouvoir rapporter le gibier sans l’abîmer.
Les races les plus utilisées sont le Labrador Retriever, le Golden Retriever, le Chesapeake Bay Retriever, le Nova Scotia Duck Tolling Retriever et le Flat Coat Retriever.
“ C’est une race que nous avons choisi principalement pour sa grande polyvalence. Le Labrador est un excellent chien de chasse et rapporteur, mais également un merveilleux chien de famille. Nous recherchons des chiens passionnés par le travail, intelligents, qui ont envie de collaborer avec leur maître, tout en étant capable de revenir à la maison et d’avoir un tempérament calme et équilibré en famille.” – Emanuelle Piette, éleveuse et co-propriétaire de la pourvoirie Destination le Mirage.
1.3 Pisteur / Chien de sang

C’est connu, les chiens ont un odorat près de 1 million de fois plus développé que celui de l’humain. Il est difficile de donner un chiffre précis concernant la portée de l’odorat du chien puisque celui-ci peut être influencé par plusieurs facteurs comme la race du chien, les conditions météorologiques, la direction du vent, etc. Toutefois, il est prouvé que le chien de chasse est capable de renifler à des kilomètres la présence d’un gibier. La portée de l’odorat du chien pourrait ainsi être de 15 à 20 kilomètres, selon certaines études.
Les races souvent utilisées sont les Teckels, le Rouge de Bavière ou le Rouge de Hanovre par exemple. Pour sa part, Félix-Antoine Aubin, conducteur accrédité ACCSQ et élève juge pour le CATQ, a choisi le Braque à poil dur pour sa polyvalence et son instinct puis le Teckel standard à poil long pour sa précision et sa finesse en recherche.
2. Pourquoi la génétique est-elle importante chez un chien de chasse ?
Un chien de chasse ne devient automatiquement un bon chien de chasse simplement parce qu’il appartient à une race reconnue pour la chasse. En d’autres mots, la race du chien lui donne une prédisposition à sa fonction, mais la lignée, les parents et l’individu compte énormément.
Pour produire de bons chiens de chasse, on cherche idéalement à reproduire des chiens ayant démontré leur capacité à travailler, tout en s’assurant d’une bonne santé physique et mentale. Quand on s’intéresse à un chiot, il est important de regarder les parents, leur aptitudes naturelles, leur endurance, leur tempérament, leur capacité d’apprentissage, leurs performances, etc.
“Le choix de la génétique est le premier critère quand vient le temps de choisir un chiot. Le travail qui est fait par l’éleveur derrière un génétique fait toute la différence entre un chien qui va au bout et un chien qui abandonne quand le travail devient compliqué. La sélection génétique permet aussi de pouvoir prévoir le style de travail désiré pour avoir des résultats avec un chiot et une constance dans ses aptitudes” – Félix-Antoine Aubin, conducteur de chien de sang accrédité par l’ACCSQ
“Pour moi, la génétique est la fondation sur laquelle on bâtit avec l’entrainement. On peut développer les capacités d’un chien, mais plusieurs qualités naturelles proviennent directement de ses lignées. Je regarde donc autant la santé et le tempérament que les aptitudes de travail des parents et de la lignée : désir de rapporter, endurance, stabilité, capacité d’apprentissage et instinct. Un bon pedigree ne garantit pas à lui seul un excellent chien de chasse, mais à partir d’une bonne génétique soigneusement sélectionnée nous donne certainement de meilleures cartes en main.” – Emanuelle Piette, éleveuse et co-propriétaire de la pourvoirie Destination le Mirage.
3. Comment choisir un chiot destiné à la chasse ?
Une fois que nous avons choisi la race qui nous convient et que nous avons choisi un éleveur en fonction de la génétique de ses reproducteurs, que devons-nous maintenant regarder ? Comme mentionné plus tôt, les capacités à effectuer un travail sont aussi une question d’individu. Évidemment, un éleveur d’expérience saura vous diriger vers le chiot qui convient. Dans une portée, tous les chiots n’auront pas le même tempérament ni les mêmes aptitudes. Il serait aussi pertinent de regarder la confiance du chiot face à diverses situation, sa capacité à récupérer à la suite d’un stress qu’il pourrait éventuellement vivre en forêt, sa réaction dans un nouvel environnement, son niveau d’énergie, etc. Soyez transparent avec votre éleveur quant à vos attentes et votre réalité. Ce dernier pourra préparer le chiot tout au long de sa phase de socialisation.
Au moment de choisir un futur compagnon de chasse, voici ce que Emanuelle Piette regarde : “Je cherche d’abord un chiot équilibré, curieux et confiant. J’aime voir un chiot qui a envie d’explorer, qui démontre de l’intérêt pour ce qui l’entoure et qui revient naturellement vers l’humain. Pour un futur chien de chasse, je regarde également son désir à rapporter, sa persévérance, sa capacité à réfléchir et surtout son désir à travailler avec nous. Le chiot le plus intense de la portée n’est pas nécessairement le meilleur choix : je recherche surtout un bel équilibre entre la drive, l’écoute et le tempérament.”
Pour sa part, Félix-Antoine Aubin a répondu : “Les aptitudes naturelles et l’intérêt pour le pistage sont primordiaux lors du choix d’un chiot. Un bon instinct de prédation est aussi un élément essentiel.”
4. Les bases de l’entraînement
Un bon chien de chasse ne se construit pas en quelques séances. L’entraînement doit se faire de manière progressive, en fonction de l’âge du chien, son tempérament, ses aptitudes mais surtout en fonction du type de travail que l’on souhaite faire avec lui. L’objectif ne devrait jamais être d’en faire rapidement un excellent chien de chasse, mais plutôt de bâtir de bonnes bases, une étape à la fois, tout en gardant le travail agréable et motivant pour le chien.
4.1 L’obéissance de base
Avant même d’introduire certaines techniques de chasse, certaines commandes de base sont essentielles : marcher en laisse, rester en place, revenir sur demande, etc. Ces apprentissages peuvent sembler éloignés de la chasse, mais ils deviennent particulièrement importants lorsque le chien devra travailler dans des environnements stimulants où il y a des odeurs, du bruit, d’autres chiens et autres distractions. Pierre-Alexandre Côté, Co fondateur de Bird Dog et Président du Club de chiens d’arrêt Le Polyvalent, suggère de développer la relation avec son chien de façon à ne faire qu’un avec lui.
4.2 Le rappel
Le rappel est l’une des bases les plus importantes pour un chien qui sera appelé à travailler librement, souvent sans laisse dans de grands espaces. Un chien qui revient systématiquement lorsqu’on le rappelle est non seulement plus facile à diriger, mais aussi beaucoup plus en sécurité en forêt ou près de l’eau.
4.3 La socialisation
Un chien de chasse doit être capable de travailler dans différentes conditions. Il est donc bénéfique de l’habituer graduellement, dès son jeune âge, à différents terrains, aux promenades en voiture, à l’eau, aux bruits, etc. Les bruits, tels que les appeaux ou les coups de fusils, doivent être introduit dans un contexte positif. Un chien qui est à l’aise dans sa cour arrière ne le sera pas nécessairement une fois rendu en forêt.
4.4 Le rapport
Pour les races destinées principalement à la sauvagine, le rapport est une aptitude particulièrement importante. Le chien doit éventuellement apprendre à aller chercher un objet et le rapporter à son conducteur. Une fois de plus, il faut construire cette aptitude de manière progressive et ne pas chercher à reproduire immédiatement une situation de chasse réelle.
4.5 L’introduction au gibier
L’introduction au gibier et aux odeurs est une étape très importante pour un futur chien de chasse. Elle permet au chien de développer son intérêt naturel pour les odeurs et le gibier. La façon de procéder dépend cependant du type de chien ou du type de chasse qui sera pratiqué. On pourrait par exemple penser à un oiseau à plumes pour un chien rapporteur ou encore une patte de chevreuil pour un chien pisteur.
4.6 Les outils d’entrainement
Plusieurs outils peuvent faciliter l’entrainement ou le travail sur le terrain d’un chien de chasse. Leur utilité dépend du type de chasse, du niveau d’entraînement du chien et des objectifs recherchés.
4.6.1 Collier GPS
Le collier GPS permet de suivre la position du chien lorsqu’il travaille à distance, notamment en forêt ou sur de grands territoires. Pour un chien qui couvre beaucoup de terrain, c’est aussi un allié de sécurité intéressant.
4.6.2 Bumper / Dummy
Les bumpers, aussi appelés dummies, sont des jouets pour pratiquer le rapport principalement. Ils permettent de pratiquer la prise ainsi que le retour vers le conducteur avant d’intégration des situations plus proche d’une chasse réelle. Ils existent différents modèles, en forme d’oiseaux ou non, pour le travail à l’eau ou terrestre.
4.6.3 Sifflet
C’est un outil très simple, mais très pratique pour communiquer avec un chien à distance. Le son du sifflet peut voyager plus loin que celui de notre voix afin de rappeler son chien, attirer son attention ou lui donner une commande.
Les outils sont là pour soutenir l’entraînement du chien tout au long de sa vie. Ils ne remplacent certainement pas le temps, la patience et la constance.
“Comme la constance est un élément clé et que notre horaire du temps est très chargé, nous avons choisi de faire affaire avec un entraîneur d’expérience. Nos chiens développent ainsi une base solide grâce à un entraînement régulier et structuré. Lorsqu’ils reviennent de chez l’entraîneur, ils sont prêts à passer au travail sur le terrain avec nos guides, où ils mettent leur acquis en pratique dans de vraies situations de chasse.” mentionne Émanuelle Piette, éleveuse et propriétaire de la Pourvoirie Destination le Mirage. C’est en effet un point très important. Il ne faut pas craindre de demander de l’aide à des gens expérimentés lorsque le besoin se présente.
En résumé, il n’existe donc pas de race de chien parfaite ni une seule méthode d’entraînement qui convient à tous les chiens de chasse. L’âge, la lignée ou les objectifs du maître doivent être pris en considération. L’essentiel est de progresser étape par étape, de rester constant et de savoir adapter ses attentes au chien que l’on a devant soi.
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Sources :
https://www.ckc.ca/fr/Selection-d%E2%80%99un-chien/Choix-d%E2%80%99une-race
https://birddogqc.com/boutique/fr/entrainement/dogtra-c67c92/
https://education-canine-idf.fr/socialisation-du-chiot-le-guide-complet-par-tranche-dage/
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